Voiture connectée, à qui reviennent les données des automobilistes?

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Depuis la création d’internet de nouveaux business model ont vu le jour: la mise à disposition d’un service gratuit au grand public qui permet à une plateforme internet de capter des informations sur le profil de l’utilisateur et de les revendre à des annonceurs pour mieux cibler sa publicité. C’est le cas de Facebook ou de Google. Après l’ordinateur qui donnait des informations sur l’activité web de l’internaute, l’internet sur le téléphone portable apporte par ailleurs la connaissance de la localisation de l’individu, affinant encore plus le profilage. Maintenant que tous les objets qui nous entourent commencent à devenir connectés, le potentiel est d’autant plus grand. Aujourd’hui la question se pose particulièrement dans la voiture qui est l’objet que nous connectons de nous-même le plus à internet.

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Un sujet qui inquiète

Depuis 2014, la connectivité agite les médias classiques de l’automobile : le dernier mondial de l’auto en était le symbole, la voiture connectée est une réalité. Des spécialistes de ce secteur industriel d’habitude assez traditionnel y alertent les constructeurs : si vous n’utilisez pas les données de vos voitures, Google le fera à votre place ! (voir l’émission télévisée sur 7PM Auto). Dressons un bilan de ces  inquiétudes.


Voiture connectée : Mountain View vous salue… par 7pmTV

La stratégie de Google

Quand on dit Google et voiture, on pense voiture autonome, mais ce serait une erreur de penser que Google souhaite s’imposer sur le marché de l’automobile en vendant sa Google car. Elle est un moyen et non une fin : en développant une voiture autonome, les ingénieurs de Google doivent comprendre entièrement l’environnement d’une voiture et de l’automobiliste pour identifier tous les services et expériences qui y sont liés, une expertise qui saura créer une valeur très importante quand le parc roulant sera véritablement connecté. Avec Android Auto, Google souhaite par contre affirmer son système d’exploitation dans la partie infotainment et divertissement répliquant ainsi sa flotte de smartphone dans la voiture (voir Voiture connectée : la guerre des OS et des constructeurs est lancée )

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Quels types de données et pour qui ?

En étant présent sur 85% des smartphones, Google a accès à des données générales sur les individus. Ces derniers connectent leur voiture en y utilisant leur smartphone, il est donc possible d’avoir des informations sur le comportement du conducteur mais pas encore sur la voiture (état du moteur, des freins, kilométrage etc…).  Mais le jour où ces deux types de données seront croisés, les propositions de valeurs et d’usages seront infinies ! Qui réussira à s’imposer dans le parc automobile pour récupérer ces informations ? 

Aujourd’hui si les automobilistes désactivent les options de connectivité disponibles sur les nouveaux modèles, les constructeurs français –contrairement à BMW- ne font rien des données de la voiture. C’est une énorme erreur pour des constructeurs qui ont besoin de fidéliser leurs clients qui changent une fois sur deux de marque. En utilisant ces données, ils pourraient apprendre à mieux les connaître pour leur proposer des offres adaptées à leur expérience automobile.

Pour les assureurs, il devient vital d’exploiter ces informations. Leur cœur de métier étant de prévoir le risque, un suivi en temps réel de la conduite révolutionne leurs outils de travail (voir L’automobile connectée va-t-elle remettre en cause les principes fondamentaux de l’assurance). Des applications mobiles et des boitiers OBD sont déjà développés par des assureurs. Parmi tous ces acteurs, le premier qui réussira à s’imposer en standard dans les véhicules pour récupérer l’information finira gagnant.

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Des données pour proposer une solution

Si on prend du recul sur cette vision assez traditionnelle de l’écosystème, et si on considère les automobilistes comme des consommateurs de mobilité et non plus de voiture, on se rend compte que de tous nouveaux modèles peuvent apparaître sur le marché et que la mobilité est à relier à toutes les actions que nous prenons dans la journée. Ainsi la voiture pourra communiquer avec son smartphone mais aussi avec sa maison ou ses amis. En voyant le succès incroyable qu’à rencontrer Uber, on peut imaginer le potentiel des solutions de covoiturage si l’effet parc y est. L’investissement de PSA dans l’application de covoiturage Wedrive est justement le signe d’un intérêt des constructeurs dans ces nouveaux usages.

Ce qui est certain c’est que les automobilistes ne cèderont leurs informations que contre une réelle solution : une expérience vraiment plus fluide ou une économie certaine sur l’assurance ou la revente de mon véhicule. Si tous ces acteurs ne changent pas de modèle pour s’adapter aux nouveaux usages, alors Google saura très bien revendre ces informations.

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