Eridanis rachète Sen.se, la société de Rafi Haladjian qui a créé l'objet connecté Mother

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Tonnerre sur le marché des objets connectés : Sen.se et sa Mother se sont faits rachetés par Eridanis, société de conseil sur l’internet des objets.

La startup française Sen.se est connue pour avoir lancé le hub domotique Mother, qui permet de mieux connaitre son environnement au travers de capteurs, baptisés les Cookies. Son fondateur emblématique, Rafi Haladjian, est considéré comme l’un des pères de l’internet des objets en France. En 2005, sa société Violet a notamment créé ce que beaucoup considèrent comme le premier objet connecté : Nabaztag, un lapin qui changeait de couleur et agitait les oreilles en fonction de la météo, de la réception d’emails. De l’autre côté, Eridanis, startup de conseil en stratégie spécialisée dans l’internet des objets. Eridanis a été créée en Septembre 2014 par Jean-Luc Bernard, polytechnicien et fondateur également du groupe Astek.

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Eridanis et Sen.se marchent désormais main dans la main. Selon les termes de l’accord, Eridanis prend une participation majoritaire dans le capital de Sen.se par augmentation de capital. Rafi Haladjian reste au capital de Sen.se et continue à en assurer la direction. Emmanuel Gavache, CEO d’Eridanis, en devient le président.

Quel intérêt pour Sen.se ?

Voilà maintenant presque un an que Sen.se a lancé sa Mother, visant le grand public. Mais seulement voilà… le grand public n’a pas eu la réaction attendue vis-à-vis de cet objet connecté qui met en avant le Quantified Self dans la maison. Et pour cause, son prix, initialement 290€ (pour la Mother et 4 Cookies) est considéré par beaucoup comme trop cher devant la valeur qu’il apporte.

Devant ce constat, Sen.se avait décidé il y a maintenant plus de 6 mois un revirement de stratégie, en visant cette fois non plus le grand public, mais le marché B2B. Ses capteurs accompagnant la Mother, les Cookies, offraient à toute entreprise la possibilité de connecter ses objets en un temps record en utilisant la technologie associée aux capteurs.

C’est pour renforcer sa stratégie B2B que Sen.se s’est tournée vers Eridanis pour un rachat. Eridanis, société de conseil tournée Internet des objets, qui promet d’accompagner ses clients dans leurs solutions IoT. L’occasion pour Sen.se de trouver de nouveaux clients qui pourraient utiliser la technologie liée aux Cookies pour développer des solutions connectées. Rafi Haladjian justifie en effet ce rapprochement :

“Le principal potentiel de l’Internet des Objets est dans le marché BtoB. Nous en sommes convaincus depuis toujours, déclare Rafi Haladjian, CEO de Sen.se. L’IOT va bouleverser l’ensemble des entreprises, comme cela a été le cas avec le web et les applications mobiles. C’est pourquoi nous nous sommes rapprochés d’Eridanis”

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Quel intérêt pour Eridanis ?

L’offre d’Eridanis est centrée sur l’accompagnement d’entreprises dans leurs projets IoT, notamment dans le développement de solutions connectées, depuis le positionnement stratégique jusqu’à la réalisation de l’objet. Pour ce qui est du positionnement stratégique, Eridanis dispose d’une équipe de consultants qui s’occupent eux-même de cette phase. Lors de la réalisation des projets, Eridanis s’appuie en partie sur Astek (la société mère, fondée également par Jean-Luc Bernard) qui dispose d’un savoir-faire en matière de réalisation de projets IT. La technologie rachetée dans Sen.se va permettre de renforcer cette compétence de développement de solutions connectées.

Le rachat de Sen.se et sa Mother va potentiellement entrainer un buzz médiatique (cet article y contribue !) permettant à la startup de se faire connaitre davantage. En effet, la Mother de Rafi Haladjian est bien connue et il ne fait aucun doute que ce rachat va faire parler de lui.

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La valeur des objets connectés dans le B2B

Le rachat de Sen.se et son revirement stratégique dans le B2B ne nous confirme-t-il pas qu’il peut être trop tôt pour introduire des objets connectés chez le grand public ? 

Le grand public considère aujourd’hui ces objets connectés comme gadgets. Et pour cause, s’ils apportent de la valeur, cette dernière ne dure qu’un temps. Les objets connectés destinés au grand public, une fois achetés, ne sont pas quotidiennement utilisés dans la durée. Les montres et bracelets connectés par exemple, ne sont utilisés qu’un temps avant d’être laissés dans le tiroir. Aujourd’hui, les objets connectés ne montrent pas toute leur valeur car ils ne sont pas interopérables : la montre connectée ne peut communiquer qu’avec le smartphone de son propriétaire. Les objets connectés seraient perçus moins gadgets et utilisés dans la durée par le grand public si une plateforme Cloud d’interconnectivité permettrait aux objets connectés de communiquer entre-eux. Si votre montre connectée pouvait ouvrir votre porte d’entrée et allumer les lumières de chez vous, vous l’utiliseriez peut être plus. 

Second problème lié aux objets connectés grand public : leurs prix. Aujourd’hui, ils sont considérés comme trop chers par le grand public qui, lors de l’achat, ne voit peut-être pas la valeur du service connecté dans la durée. Les consommateurs sont habitués à payer pour un produit, peut-être pas pour un service. La différence de prix entre le produit connecté et le produit non connecté n’est pas compensée par le service derrière le produit connecté dans la perception des consommateurs. Certainement que ces habitudes vont évoluer et que les prix des objets connectés vont diminuer à mesure que la technologie va se standardiser et qu’un objet connecté va coûter moins cher à développer, et à mesure que les concepteurs d’objets connectés vont comprendre qu’il est préférable de tirer profit sur le service connecté et sur la data plus que sur la vente du produit connecté.

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Ces deux raisons peuvent expliquer pourquoi certains objets connectés peuvent trouver peine à percer le marché grand public (en oubliant les craintes liées au partage et à la sécurité des données utilisées par les services connectés). Mais nous chez Aruco, nous ne pensons pas pour autant que nous assistons à « la fin de l’Internet des Objets » comme l’a déclaré Rafi Haladjian lors du Web2Day la semaine dernière. Nous pensons que l’internet des objets va d’abord trouver sa valeur dans le marché B2B, et dès lors que la technologie se standardisera et que les habitudes de vie évolueront, il percera le marché grand public.

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Nota : Aruco partage des bureaux avec la société Eridanis.

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