Avec Netflix, le streaming va dépasser la télévision classique selon Ericsson

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Tandis que l’arrivée de Netflix en France est programmée pour le 15 Septembre 2014, le CSA tente d’encourager les médias français à développer leur propre technologie pour éviter une catastrophe annoncée. Netflix est le service de vidéo à la demande sur abonnement qui a déjà réussi à attirer 50 millions d’abonnés dans 40 pays du monde. Il s’est fixé l’objectif de doubler ce chiffre d’ici à 2016 et se donne les moyens de ses ambitions. La France fait partie de celles-ci. Déjà présent au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Scandinavie, le géant américain de la vidéo en ligne attaque simultanément l’Allemagne et la France ce mois-ci. Son arrivée pourrait faire basculer les usages de la TV classique vers le streaming selon une étude récente d’Ericsson.

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L’amibition démesurée de Netflix :

Sur le papier, Netflix est une vraie réussite : pour environ 10€/mois, vous pouvez regarder des films et séries en illimité parmi son catalogue de millions de titres dont le très renommé House of Cards ou encore Orange is the New Black. De plus, les algorithmes de Netflix analysent les contenus que vous visionnez pour ensuite vous proposer d’autres vidéos similaires qui pourraient vous plaire.
En France, le groupe américain Netflix qui pèse près d’un tiers du débit web dans son pays, vise également une expansion rapide, bien aidé par l’immaturité de l’offre vidéo actuelle. Dans une interview accordée au Figaro, Reed Hastings, le PDG de Netflix, a dévoilé ses ambitions. Il entend séduire près de 10 % des foyers français d’ici 2 à 5 ans, ce qui représenterait un chiffre d’affaires d’environ 300 millions d’euros à cette échéance. Ce qui en ferait incontestablement le plus gros opérateur de services médias à la demande dans notre pays.
L’accueil fait à Netflix reste pourtant frileux par l’industrie qui redoute d’être submerger et de perdre le contrôle de ce segment lucratif. Les opérateurs Télécom par exemple, ont récemment fermé la porte à Netflix, qui leur réclamait l’accès à leurs box internet pour proposer son service aux internautes. Orange, SFR, Bouygues et Free sont en effet bien moins enthousiastes à l’idée de l’arrivée de Netflix car les vidéos de Netflix passent par leurs tuyaux et vont donc nécessiter beaucoup plus de bande passante, risquant de saturer leurs réseaux, donc de ralentir le débit de leurs abonnés.
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La TV classique décline selon Ericson :

Selon la dernière édition du rapport du ConsumerLab d’Ericsson sur la télévision et les médias publiée il y a quelques jours, la vidéo en streaming rejoint pratiquement la télévision classique : 75 % des consommateurs regardent des contenus en streaming plusieurs fois par semaine, contre 77 % qui consomment la télévision de façon linéaire. L’étude réalisée en ligne sur un échantillon représentatif de 1000 personnes relève :

  • l’augmentation (+25%) du nombre de consommateurs prêts à payer pour accéder à des contenus depuis n’importe quel terminal,
  • L’accélération du « binge viewing » (ou visionnage marathon de plusieurs épisodes d’affilée d’une série TV) avec la popularité croissante des nouveaux services de vidéo à la demande,
  • En France : 46% des personnes interrogées désirent que tous les épisodes d’une série soient disponibles pour les regarder à leur convenance. 13% des téléspectateurs interrogés sont prêts à payer pour la 4K (ultra HD)

L’étude, publiée pour la 5ème année consécutive, montre également que près d’un téléspectateur sur 5 (19 %) est prêt à payer pour pouvoir accéder à ses contenus favoris sur n’importe quel terminal, soit une progression de 25 % en seulement deux ans. On observe ainsi une augmentation du temps passé à regarder du contenu sur les smartphones et les tablettes.

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Il ressort des entretiens réalisés auprès de plus de 23 000 personnes dans 23 pays que l’évolution des habitudes des consommateurs continue de provoquer des mutations dans le secteur de la télévision et des médias, avec l’abandon progressif des anciens formats et business models et l’avènement d’une ère de divertissements « à la demande » de grande qualité.

Le visionnage compulsif en hausse :

Ercisson révèle que les offres de télévision classique sont désormais considérées par beaucoup de consommateurs comme des stocks de contenus dans lesquels on va sélectionner des éléments afin de les enregistrer numériquement et de les regarder plus tard. Cela contribue également à la montée du « visionnage compulsif » de séries TV complètes et de sagas cinématographiques, par opposition à la télévision classique où il faut attendre une semaine pour voir le nouvel épisode de sa série préférée. Pour cela, Netflix est l’outil idéal : l’accès à l’intégralité des programmes y est possible immédiatement et même su plusieurs écrans à la fois selon les types d’abonnement. Dans son enquète, Ericsson estime que 48 % des personnes interrogées déclaraient ainsi vouloir que tous les épisodes d’une série comme Breaking Bad et House of Cards sortent en même temps, afin de les regarder quand ils le veulent.
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Parallèlement, de nombreux téléspectateurs ont opté pour un service de vidéo à la demande sur abonnement (S-VOD), comme Netflix et Hulu, montrant que, contrairement à une idée reçue, les consommateurs sont prêts à payer pour ce genre de services. Niklas Heyman Rönnblom, consultant d’Ericsson ConsumerLab, explique :

« Notre étude montre que 56 % de ceux qui sont abonnés à la VOD payante préfèrent que l’intégralité des épisodes d’une série TV soit disponible d’un seul tenant, afin de pouvoir les regarder à leur rythme, contre 45 % de ceux qui ne sont pas abonnés à la VOD payante. C’est la preuve de l’impact de ces services sur le comportement et les attentes des consommateurs ».

La qualité des images redevient cruciale :

Alors que 41 % des consommateurs ont exprimé le souhait de pouvoir regarder leurs programmes favoris n’importe où, l’étude montre ainsi que beaucoup de consommateurs ne sont pas prêts à transiger sur la qualité, 43 % déclarant que l’UHD (Ultra High Definition) est importante pour eux. Et Heyman Rönnblom d’ajouter :

« Les résultats de l’étude sont clairs : les entreprises de média doivent repenser leur façon de créer et de diffuser des contenus, sachant que la préoccupation première des fournisseurs d’accès est de fournir aux téléspectateurs la meilleure qualité possible, indépendamment du terminal utilisé pour regarder le contenu. Le paysage change extrêmement rapidement ; les business et delivery models devront donc suivre le rythme s’ils veulent continuer de donner de la valeur ajoutée aux consommateurs »

source : Ericsson Consumer Lab / RTL / Le Monde

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Un commentaire

  1. J’aime beaucoup votre article car il fait le tour de la question. Je ne vois qu’une chose à ajouter, c’est qu’avec un lecteur blu-ray basique connecté, il est tout à fait possible de se baser de PC, d’une TV connectée et de la disponibilité dans les boxes des FAI. Sony LG et Samsung ont une grande variété de lecteur compatibles, pour lesquels il existe une liste de compatibilité.