My Santé Mobile, première étude sur l'usage d'un capteur de quantified self

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Lancée par IDS Santé en mai 2013, My Santé Mobile est la première étude au monde à analyser les effets  positifs de l’usage d’un capteur d’activité Fitbit sur les comportements en santé.
Entre Juin à Décembre 2013 (7 mois), ce sont pas moins de 1.000 particuliers volontaires qui se sont livrés à une curieuse expérimentation pour vérifier les effets bénéfiques des capteurs de quantified self. Ces 1000 personnes habitant Bordeaux, Lille, Lyon ou Montpellier ont participé à cette étude encadrée par IDS Santé afin d’analyser les données des capteurs d’activité et de dégager une conclusion générale : l’usage d’un capteur d’activité permet de modifier les comportements en santé !
Le résultat de l’étude My Santé Mobile est simple et clair : l’utilisateur d’un capteur d’activité parcours en moyenne 2 000 pas de plus par jour et permet aux personnes en surpoids (ou obèses) de perdre en moyenne 4 kilos.
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Présentation de My Santé Mobile :

Les questionnaires distribués aux participants lors de leur participation ont permis de connaître avec précision leur poids, taille et tour de taille, mais également de connaître leur perception de la santé connectée et d’évaluer leurs usages.
Au final, l’étude My Santé Mobile permet de constater que les volontaires étaient autant des hommes que des femmes mais qu’ils étaient relativement jeunes (49 % de 25 à 35 ans contre 20 % de + de 46 ans). Parmi eux, 36,5 % étaient en situation de surpoids ou d’obèsité en mai 2013 alors qu’on estime que 47 % de la population française à un IMC supérieur à 25Du côté des attentes des volontaires à l’étude My Santé Mobile, 97 % des participants souhaitaient améliorer leur condition physique, 89 % désiraient prendre en main leur santé et 69 % avaient pour objectif de perdre du poids.
L’étude My Santé Mobile a observé l’usage du coach électronique Fitbit. On estime qu’environ 85 % des participants surveillés l’ont utilisé entre 21 et 30 jours durant le mois d’août contre 55 % au mois de décembre. Cela illustre partiellement les phénomènes liés à la lassitude et au désintérêt progressif dans le temps constaté par les fabricants d’objets connectés pour leurs produits.
Pour Martijn de Groot du Quantified Self Institute de Groningen en Hollande : “de fait, avec le temps, le Quantified Self passe d’une démarche active (« j’utilise un capteur et je le synchronise régulièrement ») à une démarche plus passive” et cela n’a rien d’anormal.
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Pour Frédéric Faurennes, Président d’IDS Santé :

“Non seulement l’usage d’un coach électronique permet d’augmenter l’activité physique – 7 962 pas en moyenne par jour pour ceux qui s’en sont servis entre 21 et 30 jours par mois contre 6 134 pas pour ceux l’ayant utilisé moins de 5 jours par mois – mais cet usage a un impact sur la santé. De fait, parmi les participants en surpoids ou obèses en mai 2013, 55 % ont réduit leur tour de taille, 54 % leur indice de masse corporelle (IMC) et ils ont, en moyenne, perdu 4 kg”.

Résultats de My Santé Mobile :

Au terme de l’étude My Santé Mobile, il est à noter que le nombre de pas moyen réalisés par jour varie d’une ville à l’autre – les Bordelais ayant réalisé 7 165 pas par jour en moyenne contre 8 075 pour les Lillois7 996 pour les Lyonnais et 7 581 pour les Montpelliérains (cela correspond à mon activité aussi : 7860 pas/jour en moyenne). Cela reste significativement inférieur aux préconisations de l’OMS qui préconise d’effectuer au moins 10 000 pas par jour.
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Si les personnes ayant utilisé le coach entre 21 et 30 jours par mois ont nettement plus marché (7 962 pas/jour) que ceux s’en servant entre 5 et 10 (6 185 pas/jour), certains en déduiront que l’usage d’un capteur d’activité encourage son porteur à marcher davantage. Egalement, les personnes ayant partagé leurs données ont réellement plus marché que celles ne l’ayant pas fait ou moins souvent.

Impact sur le poids :

69 % des volontaires souhaitaient perdre du poids en participant à l’étude My Santé Mobile en mai 2013. 7 mois plus tard, ils sont 51% à penser que My Santé Mobile les a aidés à perdre du poidsDans la réalité, ce sentiment se traduit par une baisse de l’IMC et une réduction du tour de taille en fonction du nombre de pas quotidiens. Ainsi, 44 % des participants ont réduit leur IMC en réalisant en moyenne 7 821 pas / jour alors que 37 % ont vu leur IMC augmenter en n’effectuant que 7 499 pas / jour (pour les 19 % restant, l’IMC est resté stable).
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De la même manière, les 44 % de personnes ayant connu une baisse de leur tour de taille ont marché en moyenne 8 150 pas/jour alors que les 42 % ayant connu une augmentation n’ont marché que 7 389 pas/jour. De plus, il est à noter que l’impact sur l’IMC est également positif pour ceux qui avaient un IMC inférieur à 18,5 (maigreur). Ainsi 44 % des femmes et 53 % des hommes qui avaient un IMC < 18,5 ont augmenté celui-ci (22 % et 10 % respectivement le stabilisant). Encore plus remarquable, My Santé Mobile apporte une preuve concrète de l’intérêt du coach électronique chez les personnes en surpoids ou en obésité.
Pour 55 % de ces personnes, l’usage du coach électronique Fitbit a permis de contribuer à une réduction du tour de taille. Dans 30 % des cas, cette réduction était de 10 cm ou plus, dans 22 % de 6 à 9 cm et dans 35 % la réduction a été de 3 à 5 cm. Pour l’IMC, les résultats sont assez proches. De fait, ce sont 54 % des personnes en surpoids ou obèses qui ont vu leur IMC baisser lors de l’étude. Pour 20 % d’entre elles, l’IMC s’est abaissé de 2 points, pour 31 % entre 1 et 1,99 point et pour 27 % entre 0,5 et 0,99 point.
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Au final, de nombreux participants utilisent encore le capteur Fitbit et ont accepté que ces nouvelles données soient analysées en continu. Martijn de Groot, estime que :

“En ajoutant ces nouvelles données à celles déjà disponibles, nous allons pouvoir étudier les relations entre les variations quotidiennes d’activité physique et l’IMC, la relation entre la fréquence d’usage et celle de synchronisation et son impact sur la santé et également mesurer les variations d’activité physique selon les heures et essayer de voir leurs influences”.

Tous ces éléments en faveur de la santé mobile et connectée et de son apport en terme de changement des comportements individuels doivent nous amener à revoir la communication et les programmes de promotion de la santé ainsi que la prévention des maladies métaboliques et cardiovasculaires selon Frédéric Faurennes. Les résultats des recherches menées actuellement par l’Institut du Quantified Self sur My Santé Mobile conduiront à la publication d’un rapport complet en fin d’année, rapport qui permettra d’éclairer davantage ce nouveau domaine de la santé connectée. Rappelons que la CNIL s’intéresse aux données récoltées par ces capteurs et à leur usage par les sociétés privées à des fins commerciales.

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Un commentaire

  1. Dans cette phrase “les personnes ayant partagé leurs données ont réellement plus marché que celles ne l’ayant pas fait ou moins souvent”, j’ai vraiment du mal à comprendre comment vous avez pu savoir que les personnes qui n’ont pas partagé leur données ont marché moins que celles ayant partagé leur données, puisque les premières n’ont… *pas partagé* leur données.