[Drones] Amazon et Google interdits de faire des livraisons de colis par drones

Google+ Pinterest LinkedIn Tumblr +

Les Etats-Unis ont fait évoluer dimanche les législations concernant les vols de drones, interdisant la livraison des particuliers comme l’envisageaient Google et Amazon.

Le PDG d’Amazon, Jeff Bezos, avait dévoilé dès Décembre 2013 son programme Amazon Prime Air,  un système de livraison par drones que l’entreprise voulait mettre en place dans un futur proche. Jeff Bezos avait alors déclaré :

« Je sais que cela ressemble à de la science-fiction. Mais ce n’en est pas »

La livraison par drones :

Le PDG d’Amazon avait souligné les bénéfices écologiques du projet par rapport aux solutions de livraisons par camions utilisées actuellement. Le projet devait être opérationnel quatre à cinq années plus tard, soit vers 2018. Les livraisons devaient concerner les clients vivant dans un rayon de 16 kilomètres et ayant passé commande sur le site internet Amazon pour des colis allant jusqu’à 2.3 Kg. Découvez la vidéo de présentation du programme Amazon Prime Air :

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=Ukl6igem3nE]

Google avait de même dévoilé en Août 2014 son Project Wing, développé au sein du laboratoire de recherche Google X et ayant pour objectif de livrer des colis par drones à ses clients en zone urbaine avant 2020. Des trentaines de tests avaient même été réalisés en Août en Australie. Découvrez la vidéo de présentation du programme Project Wing :

Project Wing : Google test la livraison par drones

La nouvelle législation US bloque les projets :

Cette ambition partagée par Google, Amazon (ou d’autres comme DHL et Facebook) a été anéantie dimanche lorsque le ministère des Transports et l’Agence fédérale de l’aviation civile (FAA) a dévoilé une nouvelle législation concernant les vols de drones commerciaux (UAV).

Les nouvelles règles incluent l’obligation d’une licence pour les pilotes, la préconisation de vols de jour et la limitation de la vitesse des engins à 160 km/heure à une altitude maximale de 152 mètres pour éviter toute collision avec un avion. Le pilote devra en outre toujours garder le drone dans son champ de vision, ce qui pose problème pour les programmes Amazon Prime Air et Google Project Wing.

Les directives émises par la FAA doivent maintenant être soumises à consultation publique avant d’être votées, rien n’est encore donc confirmé sur cette législation. Amazon a immédiatement réagit à ces nouvelles législations par l’intermédiaire de Paul Misener, son Vice-président des relations publiques, qui a déclaré que ces règles ne permettraient pas à l’entreprise de mettre en place sont projet Prime Air. Il a appelé à une reconsidération de ces directives. Pendant ce temps, Amazon entend délocaliser ses tests de livraison de drones dans d’autres pays où la législation est plus souple, comme en Australie où Google a obtenu l’autorisation d’effectuer des tests.

dgac

Quelle législation en France ?

Voulant en savoir plus sur la législation française, nous avons interrogé Martin Dalmau, inspecteur de surveillance à la Direction de la Sécurité de l’Aviation Civile Nord (DSAC-N). C’est sur son bureau, basé à Lille-Lesquin dans le Nord Pas de Calais qu’atterrissent les demandes des exploitants concernant les vols de drones.

martin-dalmau

  • Quelles sont les législations pour les drones ?

Deux textes du 11 avril 2012 définissent la nouvelle réglementation pour les drones: un arrêté qui définit les conditions d’insertion dans l’espace aérien plus un arrêté relatif à la conception, aux conditions d’utilisation et aux capacités requises pour les télépilotes.

La réglementation évolue pour offrir un juste équilibre entre les conditions favorables à l’essor d’une activité prometteuse et la préservation du niveau de sécurité garanti aux autres usagers. En termes de chiffres, la Direction Générale de l’Aviation Civile recense aujourd’hui en France plus de 1100 exploitants pour 1700 drones. Il y en avait seulement 33 en 2012.

  • Y a-t-il besoin d’une licence ou un permis pour faire voler un drone ?

Dans les cas les plus simples, non. Mais nous voulons nous s’assurer que les télépilotes sont compétents pour piloter les drones. Pour les cas les plus complexes, une licence de pilote d’aéronef conventionnel est requise. Dans tous les cas, un niveau de compétence minimum est imposé pour chaque télépilote de drone : il se traduit par une connaissance théorique et dans certains cas de compétences pratiques. L’opérateur est responsable de s’assurer que ses télépilotes sont compétents en fonction de l’aéronef qu’ils utilisent.

  • Y a t’-il besoin d’une autorisation pour faire voler un drone ? et d’un plan de vol ?

Pour certains types de drones, une autorisation particulière est requise dans certains environnements de vol (agglomération, vol hors vue, …). Dans les autres cas, les exigences des aéronefs sont identiques, mais il revient à l’opérateur de déclarer la conformité.
Un plan de vol est déposé dans le cadre de transport public pour avertir le contrôle aérien de la trajectoire de l’aéronef, ici ce n’est pas le cas.
Cependant, le télépilote prépare son vol et respecte les contraintes de l’espace aérien dans lequel le drone est autorisé à évoluer.

  • D’un point de vue technique, à partir de quel type de drone, un fabricant doit-il solliciter auprès de la DGAC une homologation ? Quelles sont les mesures de sécurité obligatoires ?

Le principal enjeu de la réglementation est d’assurer la sécurité des autres usagers de l’espace aérien et des populations survolées. Pour les aéronefs télépilotés utilisés pour des activités particulières (par exemple pour le largage de charges ou les observations aériennes à titre professionnel ou commercial), les textes réglementaires considèrent quatre critères : la masse de la machine, son opération, en vue ou hors vue de son télé-pilote, le lieu et l’altitude des vols.
La plus grande liberté revient aux appareils volant de jour, hors zones aériennes définies et à moins de 150 m du sol et des obstacles, en restant à vue du pilote et hors des zones habités. Les vols hors vue (très demandés) sont eux soumis à des mesures plus contraignantes.

amazon-drone

  • La livraison par drone en France, est-ce pour demain ?

Pour que cela soit économiquement rentable, ce type d’opération ne peut se faire que par des vols dits « hors vue » et automatiques. Or aujourd’hui, la réglementation interdit ces vols en zone peuplée, en espace contrôlé et à plus de 50m de hauteur (150m pour les plus légers). Ces contraintes limitent considérablement les possibilités : voilà pourquoi on peut dire qu’à ce jour, la livraison par drone résulte de la science-fiction. La priorité est d’assurer la sécurité des utilisateurs de l’espace aérien et des territoires survolés.

Partager

A propos de l'auteur

Laisser un commentaire