Le cabinet stratégie du premier ministre s'exprime sur l'Internet des Objets

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Dans un rapport intitulé “Demain, l’Internet des Objets”, France Stratégie – organisme de réflexion, d’expertise et de concertation placé auprès du Premier ministre – a donné hier sa vision sur ce marché porteur.

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 L’internet des objets, une étoile montante pour le privé tout comme le public

Le rapport, que vous pourrez trouver sous sa forme originale ici, introduit le sujet en rappelant le potentiel de l’Internet des objets, qui devrait englober entre 50 et 80 milliards d’objets connectés dans le monde d’ici 2020.

“Le développement récent des objets connectés grand public montre que nous sommes parvenus à un point de basculement”

Trois sphères devraient bénéficier de cette nouvelle révolution digitale : la sphère professionnelle, au sein de laquelle les entreprises vont pouvoir rationaliser leurs processus internes, la sphère publique pour répondre aux défis énergétiques et d’aménagement urbain et la sphère privée pour laquelle la diffusion des objets connectés est plus incertaine mais peut apporter de précieuses informations aux individus sur leurs santés ou sur leurs environnements.

Cette révolution digitale devrait apporter de la valeur au travers des services créés autour des objets connectés. Ces services augmentent d’autant plus la valeur accordée aux objets connectés car, grâce à la connexion numérique et l’échange de données, les offres développées autour des objets connectés prennent en valeur, pouvant dépasser, de beaucoup, celle qu’on accorde aux objets non connectés. Les services proposés rapprocheront l’utilisateur du fournisseur de service, ce qui fera de ce dernier un des grands gagnants de cette révolution digitale.

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La nécessité d’une plateforme d’échanges de données pour l’Internet des Objets

Le rapport poursuit, déclarant que l’échange de données entre objets sera un des éléments nécessaires pour ajouter de la valeur aux services connectés, prenant l’exemple de Google et de ses plateformes santé et voiture. Les plateformes, chargées de gérer ces échanges de données et de réunir les acteurs d’une communauté d’objets connectés, seront donc nécessaires au développement du marché.

 “Les plateformes joueront un rôle clef dans la structuration du secteur”

L’échange de données et les communautés d’objets connectés – centrées autour des développeurs, fournisseurs, utilisateurs et gestionnaires de services, etc –  donneront accès à des services qui pourront être améliorés sur la base des retours des utilisateurs et des données d’usage. La donnée sera l’élément central des plateformes de l’Internet des Objets.

Le rapport cite ensuite dix plateformes d’avenir, prenant source dans l’article “Quel OS pour les objets connectés ?” de l’Usine Nouvelle : Android Wear, Windows 10, QNX, Tizen, Contiki, FreeRTOS, TinyOS, VxWorks, RIOT, Lepton. Nous ne comprenons pas vraiment pourquoi, parlant de plateforme d’avenir, France stratégie ne cite que des OS et non des plateformes de récolte et de partage de données à l’image de celle d’Intel.

Les plateformes se développeront rapidement, prenant appui sur les effets réseaux et les externalités positives qui lient les acteurs du marché de l’Internet des objets. Les acteurs traditionnels vont recourir aux plateformes créées par les acteurs du numérique qui bénéficieront de revenus additionnels générés dans le secteur concerné et de l’accès aux données d’usage qui leur donnera un avantage concurrentiel supplémentaire. Les acteurs qui n’auront pas opté pour la plateforme seront eux marginalisés.

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Le secteur de l’Internet des Objets est en route vers la maturité

D’un point de vue technique, diverses technologies favorisent le développement de l’Internet des Objets :

  • Le smartphone est un concentré technologique qui peut s’imposer en tant qu’interface de contrôle et de communication avec les objets connectés. Mais selon le rapport,  il n’est pas acquis que les plateformes d’intermédiation des smartphones s’imposeront : le smartphone ne tiendra cette place que si les plateformes des futurs “objets numérisés” (montres, lunettes, télévisions avec box Internet, tablettes) ne font pas concurrence en fournissant des écosystèmes plus attractifs.
  • Le Cloud et les Big Data auront également un rôle prépondérant dans le développement du marché puisque  la multiplication d’objets connectés hétérogènes nécessitera une puissance de calcul de plus en plus importante pour le traitement des données, et le recours à des services distants de stockage et d’analyse de contenus.
  • L’intelligence artificielle pourrait dans le futur, également contribuer à la maturité du marché en fournissant des solutions toujours plus personnalisables et intelligentes.
  • Les technologies de communication et réseaux d’échanges de données, comme Sigfox ou M2oCity, est également nécessaire à une maturation du marché.
  • La standardisation des technologies va apporter solution aux problèmes d’interopérabilités entre les objets connectés et favoriser le développement du marché. Des consortiums industriels tels le Allseen Alliance, l’Open Interconnect Consortium, ou l’Industrial Internet Consortium,  des organismes de normalisation comme l’ETSI ou le NIST et des grandes entreprises du numérique, comme Apple et Google, travaillent actuellement sur le sujet. Différents standards coexisteront très probablement au vu de l’hétérogénéité des applications. Le rapport craint l’absence d’entreprises européennes d’envergure dans le développement de standards, faisant peser le risque de se voir imposer des normes ne respectant pas les standards européens.
  • D’autres technologies d’avenir pourraient provenir d’horizons divers et également contribuer à l’Internet des objets. Le rapport évoque par exemple  le projet Cyborg 4.0 de l’Université de Reading qui travaille à la communication entre humains au moyen d’implants dans le cerveau.

D’un point de vue social, des changements de mentalités et d’habitudes dans diverses verticales pousseront l’Internet des Objets vers le haut :

  • L’émergence d’une mobilité repensée, selon laquelle chaque citoyen a accès en tout lieux en tout temps à l’information.
  • Une gestion de la santé revisitée, où les données émises par les objets connectés peuvent être utilisées en complément des médecins.
  • L’assurance, qui adapte ses offres selon les risques non plus seulement évalués, mais également mesurés par les objets connectés.
  • La protection de vie privée et la sécurité des échanges qui, pour le coup, peut être un frein social au développement du marché.

D’un point de vue économique, des intérêts économiques des parties prenantes du marché vont les pousser à investir dans le marché et à s’adapter à cette révolution :

  • De nouveaux modèles de gestion seront à développer par les entreprises face à l’émergence de la société connectée. Les entreprises qui ne réussiront pas à adapter leurs modèles de production ou d’organisation à ces mutations perdront progressivement.
  • La captation de la valeur par les plateformes incite les entreprises à développer leurs plateformes. Le rapport cite l’exemple d’Orange, qui a lancé en 2014 sa plateforme pour objets connectés Datavenue.

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La nécessité d’un soutien français

Le rapport conclut, argumentant la nécessité d’un soutien de la France aux acteurs de l’Internet des objets et au marché, soutien se devant d’être amplifié :

“Ces différentes actions doivent être amplifiées, coordonnées — pour dépasser les logiques de développement en silo — et prolongées à l’échelle européenne, pour assurer le développement d’un Internet des objets ouvert, interopérable et répondant aux besoins en matière de protection des données personnelles et de sécurité.”

Source : Strategie.gouv.fr

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