Le MIT développe une technologie pour des emballages alimentaires connectés

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Le MIT a développé un capteur permettant de repérer la décomposition de la viande, un procédé qui pourrait bien remplacer les dates de péremptions. 

 Le MIT a annoncé avoir développé un capteur qui, intégré dans les emballages de viandes, permettrait de savoir si la viande est consommable ou non. Fonctionnant par une réaction chimique qui capte les molécules caractéristiques de la décomposition de la viande pour modifier sa résistance électrique, le capteur pourrait envoyer ses données directement sur le smartphone de l’utilisateur.

Ce nouveau concept pourrait-il remplacer les dates de péremption en prenant en compte, non plus uniquement le produit, mais également ses conditions de conservation ?

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Comment détecter les aliments périmés?

L’équipe du MIT a développé un capteur à base de nanotubes de carbone qui serait capable de détecter les composés aminiques caractéristiques de la décomposition de la viande (putrescine ou la cadavérine par exemple). Des molécules présentant des affinités avec ces composants caractéristiques de la viande putréfiée (molécule proche de l’hémoglobine contenant un atome de cobalt) sont placées sur des nanotubes de carbones. Lorsque les molécules détectent les composés aminiques, la résistance électrique du dispositif diminue.

Note : Pour faire une analogie simple, c’est comme si on construisait un capteur constitué d’un fil électrique relié à un paratonnerre (qui a une affinité pour l’électricité) : lorsqu’un éclair frappe l’antenne, l’électricité se propage dans notre fil électrique dans lequel on peut détecter une variation de tension.

Placé à l’intérieur d’un emballage, le capteur du MIT pourrait indiquer si l’aliment est consommable. Le consommateur pourrait, directement depuis son smartphone, détecter si la résistance électrique du dispositif a, oui ou non, diminuée.

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Quels intérêts pour le consommateur & pour la société ?

Selon le gouvernement, la France gaspille chaque année plus de 10 millions de tonnes de déchets alimentaires (soit 150kg environ par français). Sur ces 150kg de déchets, l’ADEME (l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) nous apprend que 7 kilos par an sont des produits encore emballés. Sur ces produits emballés jetés, beaucoup ont dépassé la date de péremption mais certains sont encore en parfait état.

Le capteur développé par le MIT pourrait donc permettre aux consommateurs d’avoir une vision sur l’état de leur produit. Il dépasserait la précision des dates de péremptions qui se basent sur le produit concerné mais, étant établies en amont, ne prennent pas en compte les conditions de conservation.

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Vers une standardisation de l’emballage connecté ?

Cette technologie est-elle prête pour la standardisation ? Certains éléments penchent pour le positif. Le MIT a bien avancé sur le projet, en ayant déjà testé les capteurs sur différents types de viande (porc, poulet, morue, saumon…) . La petite taille des capteurs permettrait une intégration de ces derniers dans de nombreux emballages alimentaires. De plus, la contrainte énergétique est très faible et les données pourraient être lues par n’importe quelle personne (le récepteur étant le smartphone directement !). Le principal argument en faveur d’une réponse positive est directement avancé par le MIT : le faible coût de fabrication de ces capteurs comparé aux détecteurs actuels.

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Reste à savoir quelle entreprise sera prête à investir dans ces capteurs si elle ne voit pas de retour sur investissement direct. Peut-être une image de marque est-elle à gagner ? Peut-être l’intégration de capteurs sera un garanti qualité pour lequel les consommateur seront prêts à payer un surplus ? Peut-être que l’Etat et les réglementations viendront donner un coup de pousse à cette technologie ?

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Via – images : shutterstock / MIT

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