[Etude Aruco] Etes-vous prêts à céder vos données via les objets connectés ?

Pinterest LinkedIn Tumblr +

Nous avons récemment diffusé un questionnaire destiné à comprendre les motivations et peurs qu’ont les français à céder leurs données aux objets connectés. Analyse des résultats dans cet article.

Quel enjeu pour les données utilisateurs ?

Nous avons d’abord interrogé les participants de l’étude sur les raisons qui les poussaient à acheter un objet connecté. Chez le grand public, les critères : l’objet et ses fonctionnalités (20%), la sécurité des données (19%), le prix (18%), le service associé à l’objet connecté (17%), le design (14%) et enfin l’absence de publicité (13%) sont ressortis. Les données représentent ainsi un enjeu majeur qui peut faire évoluer la valeur que le grand public accorde aux objets connectés. En effet, une bonne gestion des données permet de créer de nouveaux services (ou d’améliorer les services existants) tandis qu’en assurer la sécurité permet de rassurer le client sur le respect de sa vie privée et sur les risques de mauvaises utilisations de ses données. La totalité compte pour 36% dans le critère de valeur du grand public.

motivation-achat-oc-min

Fait intéressant à relever, il existe des différences notables dans la perception de l’offre de valeur des objets connectés entre le grand public, les passionnés de technologie et les professionnels travaillant dans le secteur de l’Internet des objets. Les passionnés de technologie accordent par exemple moins d’importance au design de l’objet ou à son prix mais accordent une importance notable pour l’objet et ses fonctionnalités. Les professionnels ont bien compris l’enjeu du service associé à l’objet connecté et à la nécessité d’introduire un design novateur pour les objets connectés et mettent ces critères en avant dans leurs réponses à l’étude. Par contre, les professionnels accordent moins d’importance à la sécurité des données, peut-être ont-ils compris que pour améliorer la qualité des services proposés avec les objets connectés, il faut accepter des concessions sur ses données personnelles.

Perception du don de données personnelles :

Nous avons cherché à évaluer la perception des français sur la quantité d’informations personnelles qu’ils seraient prêt à céder à leurs objets connectés. Nous leur avons auparavant précisé les risques et avantages que représentaient l’acte de céder leurs données personnelles. Le grand public se déclare prêt à céder 32% de toutes les données qu’il génère tandis que les passionnés de technologie tournent à 52% et les professionnels travaillant dans le secteur des objets connectés à 58%.

quantite-donnees-pret-a-ceder

Nous avons par la suite voulu savoir si la proposition d’une rémunération (être payé pour céder ses données) entrait en jeu dans la perception précédente. Les entreprises pouvant, à l’ère du digital, générer des revenus grâce aux données de leurs utilisateurs, il nous a semblé possible qu’elles soient tentées, pour gagner plus de parts de marché, de partager la part du gâteau avec leurs matières premières : les utilisateurs. Ces rémunérations pourraient prendre la forme de réductions sur le prix d’achat des objets connectés, sur des réductions sur les prix mensuels associés aux services connectés, ou sous forme de rémunération directe.

paiement-en-echange-donnees-min

La réponse à cette possibilité de rémunération a été très uniforme chez le grand public dont 77% des interrogés se déclarent fermement opposés à une telle rémunération en l’échange de leurs données. 23% se disent prêts à négocier pour leurs données selon la forme de rémunération qu’on leur propose et le montant proposé. La réponse est plus mesurée chez les technophiles et les professionnels du secteur des objets connectés pour lesquels environ 50% se déclarent opposés à marchander leurs données, 42% prêts à céder leurs données selon le montant de la rémunération. Environ 4% d’entre-eux se déclarent prêts à céder leurs données contre toute rémunération et forme de rémunération proposée.

Quelles données sont-ils prêts à céder ?

Nous avons ensuite demandé aux sondés quelles données ils étaient prêts à céder à leurs objets connectés en les interrogeant sur différents types de données. Les données relatives au contextes d’utilisation des objets apparaissent en premier lieu à 25% des données que les sondés sont prêts à transmettre. Viennent ensuite les données de géolocalisation à 20% (du fait que de nombreux smartphones utilisent déjà ces données), puis les données relatives à l’environnement de l’objet connecté à 16%. Enfin, apparaissent en dernier les données liées au propriétaire de l’objet connecté : apparence physique à 15%, habitudes de vie à 13% et données relatives à son identité à 11%.

types-donnees-ceder-2-minGrand public, technophiles et professionnels du secteur des objets connectés ont des opinions homogènes quant aux catégories de données qu’ils sont prêts à céder. Le grand public est cependant beaucoup moins disposé à céder toute donnée relative à son identité ou à ses habitudes de vie tandis que son rapport aux données cédées se rapproche de l’opinion des professionnels et des technophiles dès lors que les données ne concernent plus directement sa personne.

types-donnees-ceder-min

Quelle différence entre perception et réalité ?

Lors de l’étude, nous avons d’abord demandé la perception qu’avaient les sondés quant à la quantité de données qu’ils étaient prêts à céder, puis nous leur avons demandé, donnée par donnée, s’ils étaient prêts à céder telle ou telle information. Il est intéressant de comparer la perception et la réalité quant à l’action de céder ses données aux objets connectés. La perception des sondés traduit une peur accrue à céder les données que ce qu’il en est dans la réalité. Si les professionnels et les technophiles se déclarent respectivement prêts à céder 58% et 52% de leurs données aux objets connectés, ils en donnent en réalité respectivement 59% et 58% lorsqu’on les interroge en leur demandant la même question, donnée par donnée. La différence est d’autant plus marquée pour le grand public qui se dit prêt à céder 32% de ses données alors qu’il en devient 40% dans la réalité. Cette différence marquée entre perception et réalité pour le grand public fait transparaître une peur de l’inconnu, peur de ne pas savoir de ce qu’il advient pour ses données. Cette différence est moins marquée pour les professionnels qui, travaillant dans le secteur, savent comment et pourquoi les données récoltées sont utilisées, ainsi que pour les technophiles pour lesquels les avantages de céder les données outrepassent les peurs associées.

difference-perception-realite-ceder-ses-donnees-min

A qui sont-ils prêts à céder leurs données ?

Nous avons finalement voulu savoir si les caractéristiques de l’entreprise qui collecte et utilise les données utilisateurs influent sur la confiance qu’ont les utilisateurs à céder leurs données. Sans rentrer dans les caractéristiques complètes (ce qui sera détaillé dans l’étude lors de sa publication), voici un aperçu des tendances globales qui ressortent de cette interrogation :

entreprise-a-qui-ceder-donnees-min

Les réponses différent selon le profil du sondé (grand public, technophile, professionnel), mais les tendances restent similaires. Le savoir-faire en terme de management et de sécurisation des données apparaît comme la principale caractéristique à avoir. Vient ensuite la réputation de l’entreprise et son image. Certains (en grande minorité), se déclarent prêts à céder leurs données à la première entreprise qui le leur demandera.

Notes sur l’étude

L’étude a été réalisée dans le cadre d’une dissertation professionnelle réalisée avec HEC Paris et ayant pour sujet : “Multi-sided platform for the Internet of Things“. L’étude vise à étudier la forme que pourrait prendre une future plateforme de l’internet des objets, plateforme qui outrepasserait les barrières d’interopérabilités entre les objets connectés en liant de nombreux acteurs du marché. Le sondage ayant donné lieu à cet article est une composante de l’étude. 120 personnes ont répondu à ce sondage, 51% se disant “passionnés de tech“, 27% “curieux visiteurs” (assimilés ici grand-public), et 22% “professionnels du secteur”. L’étude des résultats a ainsi différencié les réponses selon les précédentes catégories. Pour plus d’informations sur l’étude, vous pouvez consulter ce slideshare. Les résultats de l’étude complète seront publiés mi-2015.

image : shutterstock

Partager
A propos de l'auteur

5 commentaires

  1. Bonjour,
    Comment pouvez-vous appeler ce papier une ETUDE ?! Comme si un échantillon de 100 personnes représentait une tendance général… WTF ?
    Cdt.

    • Jean,
      Quand on étudie quelque chose, on appelle bêtement ça une étude…
      Nous n’avons pas la prétention de nous revendiquer l’égal de Médiamétrie mais on tente, avec nos moyens, de faire bien ce qui nous est possible.
      Vous constaterez si vous avez l’honnêteté de lire jusqu’au bout que certaines questions visent à cibler les répondants, donc à ne pas constituer un échantillon représentatif, tout précisément.
      Bonne journée,
      Geoffray

    • Thibaut Watrigant

      on

      Merci Jean pour votre intérêt pour l’article. Nous ne prétendons pas représenter une tendance générale, simplement relever des perceptions utilisateurs. Pour ce qui est du naming de “l’étude”, je vous renvoie au site suivant qui pourrait vous aider : //www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/etude/

  2. Merci beaucoup pour le partage de ce travail Thibaut. Statistiquement, un échantillon de 30 individus pris totalement aléatoirement, commence à avoir une signification intéressante, bien que non absolue. Mais 100 individus pris “non aléatoirement”, par exemple dans un sondage où seuls les volontaires
    répondent, n’est pas un échantillon “aléatoire”. Ils ne sont donc pas suffisants (cf. https://fr.surveymonkey.com/mp/sample-size). 300 seraient plus représentatifs, et 1000 plus significatifs. Mais cela donne une indication intéressante, à comparer avec d’autres études similaires, sur d’autres latitudes le cas échéants.
    Une chose qui eut été intéressante à creuser, concernant le GAP entre perception et réalité ? Car combien de personnes téléchargent une application “gratuite” sans faire attention au “prix” que cela lui coûte réellement ? Ainsi, est-il normal de livrer la totalité de ses contacts, depuis son “smart” phone, avec moult détails (profils sociaux associés, mobile, adresse personnelle, lieu de travail, fonctions, notes perso…), pour une application “boussole” ou “lampe de poche” ?!? Pas
    si Smart !
    Je constate un phénomène de “rejet” partiel des objets connectés, alors que ces mêmes personnes ont (quasi) toutes déjà “données” la liste de tous leurs contacts, à multiples fournisseurs, parfois peu recommandables… De plus, ces informations ne nous appartenaient pas réellement, elles nous ont été confiées car elles concernent des tiers…
    Alors j’approuve globalement et trouve “sain” le phénomène de défiance et de rejet. Par contre, nous avons besoin de smart Grids, d’une prévention améliorée de notre santé, d’optimiser nos ressources pour aller vers une sobriété “heureuse” (ref. Pierre RHABI). Les objets connectés peuvent répondre en partie. Il est alors nécessaire d’établir des “bonnes pratiques” pour ces objets, et les services qui traitent nos données en général. Merci de soutenir les actions de notre groupe http://www.TG-CSR.org à ce sujet, soutenu par http://www.ThinkServices.ch et http://www.CloudReady.ch.
    La bienvenue à tous dans notre nouvelle ère numérique, celle du 3ème millénaire de notre humanité.

  3. Pingback: Thibaut nous partage une étude intéressante, la perception d’un échantillon vis à vis des objets connectés ! | ICT Avisor, ICT-a