Connectivité dans l’IoT : la carte SIM a encore de l’avenir !

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Depuis environ 2 ans, pas un jour ne passe sans que de nouvelles annonces soient faites autour des déploiements de réseaux bas débits. LoRa et Sigfox drainent la plupart des communiqués de presse autour du futur de la connectivité IoT.
Il ne faut d’ailleurs pas nier que ces nouveaux réseaux suscitent des attentes en ligne avec les perspectives ambitieuses dont la plupart des études de marché font état quant au nombre d’objets connectés d’ici à 2020.
Les nouvelles applications que permettront ces réseaux grâce à la faible consommation en énergie et donc au très faible coût par objet qu’ils autorisent sont prometteuses.

La connectivité par carte SIM, déjà ancienne, n’est toutefois pas à enterrer loin de là pour plusieurs raisons :

  • La couverture des réseaux 2/3/4G existe déjà et est éprouvée. Si Sigfox semble pouvoir se targuer de déployer un réseau sans coutures international, c’est un peu moins le cas de LoRa qui, au-delà de l’Alliance qu’elle a mis en place, ne dispose à ce jour pas encore d’accords de roaming, à savoir la capacité d’échanger internationalement des données d’un réseau à l’autre. Aujourd’hui, seule les réseaux mobiles GSM traditionnels permettent une réelle couverture mondiale pour les objets. En outre, ces mêmes accords de roaming permettent la plupart du temps dans les pays extérieurs à l’opérateur d’origine de faire du roaming national, permettant ainsi aux objets de se connecter au signal le plus fort et de garantir une qualité de connexion optimale dans un pays où les opérateurs locaux ont des zones plus ou moins couvertes.

Le bas débit pour des usages spécifiques

La taille des messages autorisée par les réseaux bas débit ne permet pas nombre d’applications des objets connectés.
Par exemple, pour un projet de télésurveillance, une voiture connectée remontant des données télémétriques de maintenance, ou tout autre projet où la quantité de données échangées avec l’objet et le réseau est importante, seule une connectivité M2M par carte SIM pourra convenir.

Les cas d’usage sont nombreux

Bien entendu, de plus en plus de projets industriels révolutionnaires se développent, souvent sous forme de Proof of Concept et de plus en plus deviennent réalité grâce aux efforts déployés par Sigfox et l’Alliance LoRa.
Mais les industriels mettent aussi du temps à savoir quelle sera la bonne technologie à adopter, ce qui peut représenter un frein au déploiement (conception, réalisation, phase de tests, production à grande échelle) de projets d’envergure. Les nouvelles technologies qui émergent (LB-IoT, 5G) qui laissent entrevoir de couvrir tous les champs d’application de la connectivité (à la fois basse consommation et tous types de débits), peuvent inciter certains industriels à la prudence quant au choix d’une technologie.
A l’inverse, qui peut le plus peut le moins , en tout cas en terme de connectivité et de tarifs : en termes de débit, une carte SIM peut déjà offrir des connexions allant de quelques Mo à plusieurs Go, et donc une souplesse aussi bien dans les usages que dans le coût. Evidemment reste la question de l’énergie consommée qui reste un argument fort pour les réseaux LoRa et Sigfox.

Sécurisation des connexions induite

La sécurité est l’une des questions majeures identifiée comme un possible frein au déploiement des objets connectés.
Que ce soit pour la confidentialité des données échangées ou pour la capacité même d’interception d’un objet par des organisations mal intentionnées.
A ce jour, les réseaux GSM intègrent tous nativement des couches de sécurisation dans la transmission des données, ce qui est moins simple dans un usage de réseaux bas débits.

Au delà du buzz

Enfin, si LoRa et Sigfox font aussi beaucoup de buzz, la réalité économique est encore très différente à ce jour.
Compte tenu de l’équation économique devant permettre par un coup très bas (quelques euros par an et par objet), l’ARPU très faible implique une énorme quantité d’objets connectés (en d’autres termes que les prévisions des cabinets se réalisent vite) pour arriver à un révenu généré par une quantité très inférieure de cartes SIM qui font transiter plus de données et présentent donc un revenu important pour l’heure.
La réalité est qu’aujourd’hui plus de 90% du revenu des opérateurs qui se positionnent sur l’IoT provient de la connectivité M2M : le nouveau rapport Beecham Research affirme notamment que le marché des modules cellulaires M2M est en progression et devrait atteindre 2,2 milliards de dollars en 2019 (source).
Ce rapport explique ainsi que les modules 2G continuent d’être les plus utilisés dans les nouveaux appareils connectés. Cette même étude prévoit une explosion de la production des objets utilisant la technologie M2M en 2019.
Témoin de cette croissance toujours soutenue, la société Matooma, positionnée principalement sur le marché M2M et proposant une offre multi-opérateurs a observé une croissance de plus de 65% en 2016 et affiche de fortes ambitions sur les années à venir.
L’offre de Matooma, qui permet à ses clients de bénéficier de l’ensemble des réseaux sur une seule et même carte Sim, ce qui permet d’assurer une qualité de connectivité optimale, quel que soit l’endroit où elle est utilisée.

Si la croissance se ralentit ces dernières années, la progression en valeur absolue reste soutenue de son côté comme en témoigne le graphique ci-dessus.

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