L'automobile connectée va-t-elle remettre en cause les principes fondamentaux de l'assurance

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La fonction des assurances est de couvrir les risques. Il s’agit donc d’évaluer le risque autour d’un événement, entourant un objet par exemple, et d’établir une offre basée sur l’historique des événements passées. Avec l’internet des objets ce principe même doit être remis en question puisqu’il est maintenant techniquement possible de récupérer de l’information en temps réel (ou presque) sur ces différents objets. La nature du risque et l’offre au client doivent donc être repensées ; et c’est déjà le cas aujourd’hui dans la voiture.

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La Télématique embarquée peut-elle tout bouleverser ?

Comme l’objet connecté le plus utilisé par les consommateurs est la voiture, il est naturel que les assurances commencent par innover en termes d’offre sur ce segment.

La télématique dans les voitures développée depuis plusieurs années n’est pas encore assez utilisée par les conducteurs, mais un changement de comportement est observé. Masternaut, le plus grand fournisseur de solutions télématiques au Royaume-Uni a mené une enquête avec Atomik Research sur les habitudes de conducteurs : 68% d’entre eux ne verraient pas d’inconvénients à installer un système de tracking dans leur véhicule, mais seulement 17% d’entre eux en auraient dans leur voiture professionnelle et 11% dans leur voiture personnelle utilisée pour le travail. Ces informations servent notemment aux entreprises à optimiser l’utilisation des flottes et faire des économies de carburant.

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L’assurance automobile en mutation

La peur du phénomène « Big Brother » est donc beaucoup moins présente. On pourrait penser qu’il s’agit là d’une spécificité de la société anglaise, déjà habituée aux CCTV dans tous les lieux publics. Pourtant selon un rapport de PwC, publié par Les Échos, 70 % des sondés en France accepteraient d’installer un capteur de données dans leur voiture.

Le public est donc plus enclin à accepter ce type de technologie dans leur voiture, il s’agit donc maintenant de proposer une offre attractive. C’est ce que les compagnies d’assurance commencent à proposer en France : depuis le début du printemps 2014 Axa, Allianz, Maaf et Direct Assurances ont lancé chacun une application sur smartphone pour aider les assurés à mieux conduire : ces applications prennent en compte la position, la vitesse, l’accélération, le freinage et la tenue sur la route. Ainsi le conducteur reçoit une note et un classement qui lui permet d’être récompensé de façon pécuniaire sa pour bonne conduite : l’assurance prend moins de risque, le conducteur gagne de l’argent : c’est la notion de win-win mise en avant par les compagnies.

Une confiance à construire entre assurance et assurés

Cependant selon un récent sondage de News Assurances, 73 % des assurés ne seraient pas enclin à transmettre leurs informations aux assurances. Donc même si les objets connectés font de moins en moins peur, notemment dans la voiture, c’est de leur utilisation par un tiers que les assurés ont peur. Pour cette raison, les 4 applications citées ont été développées en partenariat avec la CNIL qui fait gage de sécurité. Il en revient donc aux compagnies d’assurance d’être transparents et de mieux communiquer autour de leurs méthodes et aspirations.

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L’avenir du marché de l’assurance

Les offres encore à proposer sont infinies : après les réductions de cotisations annuelles, on peut imaginer des tarifications au kilomètre, des offres de maintenance préventive ou même d’obsolescence préventive en partenariat avec des constructeurs par exemple. Le marché semble donc prêt à adopter le modèle « pay as you drive«  et avec la montée du quantified self peut-être un jour le « pay as you live ». On peut souligner quelques initiatives à ce sujet telles que le partenariat entre Axa et Withing ou le caisse d’Epargne et les Google Glass lancant des projets pilotes avec leurs assurés. Les entreprises d’assurance ont compris ce potentiel, d’après une enquête de la SMA, 74% des assurances prévoient d’investir dans l’internet des objets d’ici 2016, et 7% investiront significativement. Ce sont ces entreprises qu’il faudra surveiller et qui s’avèreront être les vrais innovateurs en terme d’offres pour le grand public.

Assurance : les objets connectés vont-ils modifier la mutualisation des risques?

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2 commentaires

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