2016, l'Année du Drone

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Les drones prennent progressivement place dans nos vies. Ils inspirent, épatent, transportent, effrayent… Cette année aura vu de nombreuses applications pour les drones. Mais nous n’avons encore rien vu. C’est bien l’an 2016 qui sera l’Année du Drone.
A l’heure de tirer notre bilan technologique de 2015, il est aussi temps pour quelques prédictions. La mienne ? 2016 sera l’Année du Drone.
Ces douze derniers mois auront servi à tirer une conclusion simple : les drones ne sont pas (uniquement) une mode, ils sont une tendance. Au même titre que l’impression 3D ou la connectivité, le drone est en train de s’insinuer dans l’esprit de tous. Pas d’inquiétudes toutefois, ces machines volantes sont bien plus inoffensives qu’il n’y parait.
En 2016, les drones vont prendre de la hauteur et il ne fait aucun doute qu’ils seront un sujet de tout premier plan, en France comme à l’international.
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Les fabricants

L’une des preuves du dynamisme du marché des drones est liée à l’augmentation du nombre de fabricants de drones. A l’exclusion des drones militaires (voir plus bas), le nombre de fabricants de drones a explosé en l’espace de quelques années.
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Aux cotés des leaders mondiaux –le chinois DJI et le français Parrot– on compte désormais de nombreux fabricants qui contribuent à démocratiser les usages du drone.
On pense notamment à Delair-Tech installée à Toulouse, à Sensefly (dont Parrot détiendra 100% dès le mois prochain), à AeroVironment qui a réalisé un CA de $65 millions rien qu’au dernier trimestre (source) mais aussi le fabricant de drones policiers Aeryon ou les drones de recherche et de secours de Prox Dynamics.
Citons aussi Ballistic UAV qui a lancé Game of Drones et l’Aerial Action Sports League, le chinois Hubsan basé à Shenzhen ou l’américain 3D Robotics, qui proposent des offres complémentaires.
Et il existe aussi des drones sous-marins, comme ceux de Bluefin Robotics ou l’OpenROV Trident financé par crowdfunding récemment.

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La réglementation

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Le drone est à la mode ; mais il doit être utilisé selon des règles strictes. Avec la multiplication des vols pirates, les préfectures tentent de sensibiliser les particuliers aux règles régissant l’utilisation de ces objets volants.

En France

En France, les utilisateurs de drones doivent faire preuve de la plus grande vigilance et de la plus grande prudence en respectant le mode d’emploi de la machine et en respectant les règles d’usage d’un drone de loisir, énumérées dans la notice de sécurité (ci-contre) de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC).
Dans l’hexagone, des centaines de survols interdits sont détectés et le gouvernement veut forcer l’intégration de puces dans les drones pour les rendre plus facilement détectables ou parvenir à la mise au point de dispositifs de brouillage de manière à assurer leur neutralisation en cas de survol interdit, comme de fut le cas plus de 60 fois au cours de l’année écoulée (lire dans Les Echos).

En Europe

En Europe, le Parlement a adopté une résolution le 29 octobre dernier destinée à poser les bases d’une réforme de la réglementation applicable à l’utilisation des « véhicules aériens sans pilote » (UAV) ou drones.
L’objectif des autorités européennes est d’adopter une réglementation harmonisée afin de favoriser l’émergence d’un marché européen qui représente un potentiel de croissance économique immense selon les termes de la résolution.
Dans ce cadre, le Parlement souligne notamment la nécessité de :

  • distinguer les usages récréatifs et commerciaux des drones,
  • prévoir une réglementation qui soit proportionnée aux risques portés par chaque utilisation,
  • prévoir un encadrement spécifique pour les « vols FPV », c’est-à-dire sans contact visuel entre le pilote et le drone,
  • supprimer le « seuil de 150 kilogrammes » pour décider si le drone relève de l’AESA ou des autorités nationales,
  • garantir la sécurité des biens, des personnes et la protection de leur vie privée.

L’utilisation des drones civils pose en effet des problèmes liés à la sécurité de l’espace aérien et à celle des données personnelles susceptibles d’être enregistrées par les drones au cours du survol d’espaces et de propriétés privées.

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Le survol de zones non autorisés est déjà largement réglementé au niveau national par chaque état membre de l’UE, mais il s’agit désormais d’harmoniser les règles liées aux interdictions de survol à l’échelle européenne.

Aux Etats-Unis

Si les Etats-Unis autorisent en apparence facilement les expérimentations de livraison par drones, les usages récréatifs sont en revanche largement limités pour éviter les accidents.
La FAA, autorité en charge de ces questions, a imposé depuis le 19 Octobre 2015 l’immatriculation systématique des drones auprès de ses services ainsi que du Département des Transports avant de faire décoller son drone, et ce même pour les drones débutant.
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La désobéissance coûtera cher ; l’amende varie de $27,500 à $250,000 en fonction des risques engagés et des moyens mis en oeuvre pour faire l’interception. Les possesseurs de drones ont jusqu’au 19 Février 2016 pour s’inscrire sur la liste. Sont exemptés les possesseurs de petits drones, listés par la FAA sur son site internet.
On peut au moins reconnaitre à ces règles très coercitives, le mérite de faire réfléchir. Compte tenu de l’ampleur de la sanction, elles sont sans doute de nature à dissuader un particulier de faire l’idiot avec son drone autour de chez lui.

Peurs, Sécurité & vie privée

Les incidents impliquant des drones sont encore peu nombreux, mais très médiatisés… symptomes de nombreuses appréhensions quant à ces machines.

Les attaques terroristes

Les cas médiatisés de survol des centrales nucléaires ou de l’Elysées, la possibilité qu’un survol de drone puisse compromettre la sécurité et la vie privée des personnes est une inquiétude légitime. Une autre peur grandissante concerne l’emploi de drone pour commettre des attentats terroristes, en s’introduisant sur des espaces aériens protégés ou en transportant une charge explosive actionnable à distance.
Malheureusement, les récents évènements ont montré que le terrorisme ne s’embarrasse pas de tant de raisonnements. Il est dès lors certain que les cyclomoteurs ou les voitures personnelles (comme à Las Vegas cette semaine) resteront de plus grosses machines à tuer que les drones durant encore plusieurs décennies.
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Les blessures

On se souvient de l’histoire de cet homme qui avait abattu un UAV survolant son jardin en pensant qu’il était en train d’épier sa fille.
L’histoire d’un enfant blessé au Royaume-Uni rappelle aussi les dangers d’un atterrissage non maitrisé.
Toutes proportions gardées, il faut donc ne pas accuser les drones de tous les maux. Les drones sont nouveaux, mais ils ne sont pas plus dangereux que d’autres choses représentant davantage de risques, mais plus anciennement introduites dans nos modes de vie.
La livraison par drones devrait permettre de voir les UAVs comme des outils à notre service plutôt que des engins vecteurs de danger.

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Les drones professionnels

La guerre

Ils s’appellent Ravens, Wasp, Pumas, Hawk, Eagles, Predators, Reaper, ou Shadows… derrière ces noms fleuris et pour le moins équivoques se cachent les drones utilisés par nos armées occidentales pour observer tuer à distance.
Voir sans être vu. Atteindre sans s’exposer. Telles sont les missions dévolues aux drones militaires fabriqués par General Atomics, Thales, Lockheed Martin, Boeing,  Denel Dynamics, Textron ou Israel Aerospace Industries.
Evidemment, ces drones n’ont rien à voir avec ceux dont nous parlons dans le reste de cet article. Ni en terme d’envergure, ni en terme de technicité ni en terme de risque.
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La surveillance

Les drones sont de plus en plus utilisés pour des besoins de surveillance. On pense au drone d’EOS Innovation, véritable robot-vigile mais aussi de drones volant pour la surveillance de réseaux vastes. Le 8 septembre dernier, la SNCF a ainsi inauguré un dispositif de surveillance du réseau ferré de 30.000 kilomètres à l’aide de drones.
La SNCF a investi près de 10 millions d’euros sur 3 ans : la compagnie a acquis 10 drones et réuni une équipe de 15 personnes, dont des télé-pilotes et des anciens militaires reconvertis dans les missions civiles.
L’objectif est de lutter contre les vols de cuivre sur le réseau mais plus généralement de permettre l’inspection rapide et régulière des infrastructures : surveiller des voies en pleine végétation, vérification des parois rocheuses (etc.) qui causent d’importants coûts de maintenance et portent préjudice à l’efficacité du service de la SNCF à cause d’importants retards.

Boeing ScanEagle

Boeing ScanEagle

Ces drones sont plus gros que les drones de loisirs et peuvent emporter plusieurs dizaines de kilos, en matériel de mesure, de prise de vue ou en batteries pour voler longtemps (jusqu’à 20 heures d’affilée).
Des techniques similaires sont utilisées pour surveiller des pipelines, mesurer la déperdition thermique des bâtiments, inspecter les ouvrages d’arts (ponts, barrages, etc). On citera notamment le drone Patroller de Sagem-Safran qui a su s’intégrer avec succès dans l’espace aérien civil en répondant efficacement à des problématiques métiers variées.

La livraison

La livraison par drones, annoncée en 2015, n’a pas encore décollée. La faute à la réglementation (voir plus haut) et à l’autonomie actuelle des drones. Mais des initiatives concrêtes se mettent en place, notamment le programme Amazon Prime Air, le projet Wing de Google ou d’autres transporteurs (FedEx, DXL, etc).
[embedArticle id=”32710″ align=”left”] L’emploi de drones est pour le moment cantonné à quelques usages très ciblés, dans le cadre de la livraison de médicaments, par exemple.
Pour l’instant, l’avancement de ces questions laisse penser qu’il faudra encore plusieurs années avant de voir apparaitre l’option ‘Livraison par drones’ sur les sites e-commerce. L’évolution de la technologie et la réduction des coûts devrait aussi contribuer à améliorer la performance et la compétitivité prix de telles offres.
Au delà de ces questions, l’une des principales source d’inquiétude concerne la réglementation du traffic aérien pour ces drones de livraison, notamment dans les zones urbaines les plus densément peuplées. La solution pourrait être intermédiaire : le drone pourrait être chargé du dernier kilomètre, mais pas des 50 derniers mètres. On irait alors chercher ses colis à un point relai, le plus haut du quartier probablement… les services de livraisons par coursiers à vélo pourraient aussi prendre le relai. Mais ce serait contourner le problème.
Quoi qu’il en soit, on verra très certainement en 2016 de plus en plus de sociétés se lancer dans des expérimentations pour utiliser le drone comme un maillon essentiel de la chaine logistique.
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Et en 2016 ?

Il est difficile d’imaginer que la vente de drones soit réglementée comme celle des armes. Il y a donc fort à parier que seuls les atteintes graves à la sécurité des biens et des personnes seront réprimées aussi sévèrement qu’annoncé.
En 2016, on verra les premiers drones et robots être lancés sur le marché après que des règles claires soient entrées en vigueur. Cette année est importante et interessante, car elle préfigure aussi les problèmes à venir avec les voitures autonomes.
Le danger de créer des listes d’utilisateurs de drones, comme aux Etats-Unis, est finalement d’exposer tout autant la vie privée en cas d’utilisation abusive de ces listes.
Verra-t-on en 2016 la création de nouvelles clauses auprès des assurances ?
Verra-t-on des forces de police utiliser le drone à des fins de surveillance ? d’interception ?
Quoi qu’il en soit, les ventes de drones de loisirs sont estimées à 16 millions d’ici à 2020. Ajoutez à cela les usages professionnels et un marché colossal se dessine pour les 15 prochaines années.
Chez Aruco, on attend beucoup des drones en 2016.

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