Kinesis, Lambda, DynamoDB : Amazon Web Services à l'heure des objets connectés

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A l’occasion d’un déjeuner-conférence chez Amazon Web Services, nous avons pu entrevoir l’avenir de la plateforme de stockage du géant de l’e-commerce. Rentable, cette division d’Amazon ambitionne désormais de dicter le rythme dans l’internet des objets comme elle l’a fait sur le web.

Quand nous avons été invité à participer à une matinée de présentation des solutions Cloud d’Amazon Web Services à Paris, j’étais à la fois intrigué et intéressé. Ironiquement, pas seulement parce qu’AWS est à l’origine (malgré elle) d’une des plus succulente histoire du Cloud français… mais aussi parce qu’Amazon Web Services a dicté le ton en matière de stockage web depuis si longtemps que son intérêt pour les objets connectés est loin d’être anecdotique pour le marché.

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Pour rappel, Amazon Web Services (AWS) a été créé en 2006 par Amazon pour mutualiser les énormes coûts de serveurs que nécessitent son site e-commerce, référence dans de nombreux pays du monde. Après 9 ans d’opacité sur cette division –qu’on croyait vouée à un déficit chronique– Amazon a dévoilé en début d’année un bénéfice opérationnel de 265 millions de dollars pour AWS, en hausse de 8,2% sur un an, soit un chiffre d’affaires d’$1,6 milliards (+49%). Selon LeMonde, Non seulement AWS affiche une croissance deux fois plus rapide que le reste d’Amazon, mais elle est la seule division à gagner de l’argent dans ces proportions, voire à en gagner.

Ce qui était une contrainte de fonctionnement est désormais un avantage compétitif pour Amazon : AWS propose désormais des services d’informatique dématérialisée aux entreprises, comme le stockage et la diffusion de contenus via des serveurs virtuels. Mais plus que les sites web, les besoin en matière de Big Data et de Cloud sont désormais à rechercher du coté de l’internet des objets ! Et Amazon l’a bien compris… 😉

AWS et les objets connectés :

Selon de récentes études, l’internet des objets devrait contribuer à hauteur de 3,6% du PIB français dans 5 ans. Et avec 50 milliards d’objets connectés dans le monde en 2020 (selon Cisco et Fujitsu), le marché des objets connectés attise bien des appétits, dont ceux des fabricants d’électronique (un marché en berne selon GfK) de composants –Qualcomm, ARM ou Intel sont sur les rangs– et les fournisseurs de solutions Cloud. Ces derniers ont anticipé le prochain besoin clé : la puissance de calcul nécessaire au traitement des données générées par les objets connectés est colossale et va progresser rapidement. Selon IDC, 44.000 milliards de Gigaoctets seront générés par les objets connectés dans 5 ans. Et même si l’on sait désormais que près de 60% de ces données perdent très vite de leur valeur selon IBM, il faut pourtant les traiter et les archiver pour le bien du service proposé au consommateur.

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Quantité de vidéo traitée via AWS par Dropcam

Pour répondre à ce besoin SAP, Oracle, IBM et AWS se sont lancés dans une course effrénée : muscler leurs infrastructures serveurs pour offrir des possibilités de traitement modulaires et adaptées au besoin de l’internet des objets. Amazon n’a plus peur désormais de parler d’une suite complète d’outils Cloudcomposée de Kinesis, Lambda et Dynamo DB– qui peuvent être orchestrés pour assurer aux objets connectés une forme d’intelligence, basée sur un temps de traitement des données ultra-rapide.

Selon Stephan Hadinger, Senior Manager en Architecture de Solutions chez AWS, tous ces objets connectés, ceux qui sont « contraints sur au moins un axe informatique » ( la taille, l’alimentation ou la performance liée au coût), sont autant d’objets qui correspondent à l’offre proposée par AWS pour l’internet des objets.

Déployés à des dizaines de milliers d’exemplaires, ces objets connectés imposent une forte élasticité de l’architecture de stockage des données déployée en arrière plan. Ce que le client final ne doit pas voir, c’est Amazon qui propose de s’en charger. Ses références sont déjà belles : Aldebaran Robotics, Philips ou Dropcam (rachetée par Nest-Google en 2014), voir schéma ci-dessus.

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Fonctionnement de la suite AWS pour l’IOT :

Comme l’intelligence embarquée au sein des objets connectés est par nature limitée, c’est sur le “back-end”, c’est à dire la partie serveur que doit reposer la majorité des logiciels permettant le traitement et l’interprétation des données. Pour cela, Amazon propose Kinesis, une sorite d’entonnoir à données capable de prendre en charge en permanence (24 heures) un flux persistant de données par l’intermédiaire d’un simple jeu d’API-rest.

Au delà intervient AWS Lambda, un outil d’analyse de données qui permet de réaliser des corrélations à grande vitesse, procéder à des agrégats ou à du machine-learning, même avec des sources externes. Pierre Gilot, Architecte de Solutions chez AWS explique :

« Amazon Kinesis garantit l’ordre de livraison des éléments tout en absorbant la charge des objets connectés »

Il revendique aussi un temps de traitement record de 250 millisecondes pour ce système qui agit tel un cache pour votre navigateur. Enfin, au bout de la chaîne de traitement, Amazon propose l’utilisation de sa base DynamoDB NoSQL, avec un temps réaction de 10 millisecondes par requête selon les ingénieurs, pour aboutir au total à une réponse très « proche du temps réel » selon eux.

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Note : La démonstration faite avec un spark et une cellule photo-sensible ainsi qu’un thermo-sensor a permis d’illustrer les explications apportées, mais pas de démontrer ces délais évidemment. Bon, nous on les croit sur parole…

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