Tribune de Laurent Meyer (Digitam) 'Objets connectés : ce que ça va vraiment changer !'

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Internet des objets, machine to machine, ou encore objets connectés. Il semblerait à en croire l’actualité que les objets de notre quotidien vont être doués de parole mais vont également parler entre eux ! Comment est-ce possible ? Pourquoi maintenant ? Et à quoi cela va servir ?

Tribune proposée par Laurent Meyer, Fondateur & Président de Digitam

Le buzz récent créé autour de l’IoT est rendu possible car le maillon manquant de la chaine (le canal de communication) est maintenant opérationnel. Les technologies radios actuelles (BT4, Sigfox, LoRa, DASH-7) offrent aujourd’hui une réponse très efficace et fiable sur un très vaste compromis débit/portée et ce avec d’excellentes performances de gestion d’énergie. L’émergence de réseaux dédiés aux réels besoins de communication des objets connectés facilite grandement la mise en œuvre et le déploiement des solutions.

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Cependant, leurs applications restent relativement superficielles : montre connectée, pot de fleur connecté pour l’arrosage, box pour la maitrise énergétique, et même vêtements connectés… le marché de l’Internet des objets semble majoritairement grand-public à l’heure actuelle. Pire, en regardant de plus près le buzz omniprésent, les objets connectés passent plus pour des joujoux de geeks que pour de réponses à de réels besoins globaux. Qu’en est-il donc vraiment ? : concrètement, qu’allons-nous faire des ces tonnes d’informations récoltées pour améliorer la vie en société ? Quelles solutions et quels usages sont à développer pour répondre à des problématiques de masse ?

La révolution n’est peut-être pas là où l’on l’attend !

Il y’a fort à parier que la logistique, toujours à flux tendu et très sensible aux imprévus profite de la manne d’informations échangée par les objets en transit devenus si bavards. La collecte de ces informations pourra améliorer l’efficacité des flux de transports et en réduire l’impact sur l’environnement par effet rebond. Voici quelques exemples :

Optimisation des flux : un vieux rêve de logisticien

Bien que des solutions existent et fonctionnent comme les trackers GPS et leurs dérivés, l’amélioration des technologies permet de faire plus petit, mieux (car plus précis et d’une durée de vie fortement accrue), moins cher. Ainsi, plutôt que d’équiper de camions, il est maintenant possible d’être plus fin et de suivre les palettes directement ! (comme des projets actuels menés par les grands de la distribution pour connecter des palettes en bois/plastique), voire des cartons, des colis (de valeur) etc… D’autre part, l’optimisation des flux logistiques passe non seulement par l’analyse en temps réel des marchandises mais également par l’analyse statistique sur des périodes plus longues. Ce qui permet par exemple aujourd’hui à Google Maps de prédire la durée d’un trajet en voiture en fonction du jour et de l’heure envisagée.

Les opérateurs ferroviaires confrontés à des problématiques méconnues

Quand un train tombe en panne, il peut être difficile de le localiser précisément. De nombreuses heures peuvent être ainsi perdues à la recherche d’un train supposé en panne. Les rames connectés pourraient indiquer leur emplacement et leur panne exacte ceci pour une réactivité optimisée et un service voyageurs amélioré. D’une plus manière générale, on améliore la réactivité, face à des problèmes de maintenance ou à des situations d’urgence (comme les apports dans le domaine du médical par exemple : hospitalisation à domicile, suivi de patients etc.). En poussant même un peu plus, la numérisation ‘globale’ permettrait une meilleure détection des anomalies (un train bloqué en rase campagne sans raison est une situation d’urgence ; le ‘non mouvement’ d’une personne âgée plus d’un certain temps est une situation d’urgence).

Les collectivités sont aussi intéressées par les objets connectés

Prenons l’exemple des places de parking en centre ville. Quel rêve pour les citadins s’ils pouvaient être guidés vers les emplacements libres les plus proches de leur destination ! Gain de temps, d’énergie et désencombrement du trafic pourraient être envisagés si des capteurs connectés permettaient d’identifier ces places disponibles en temps réel.

Les aéroports relèvent chaque jour le défi de dizaines de milliers de bagages à acheminer. Qui n’a pas été « victime » un jour ou l’autre d’un bagage égaré ? Au mieux, il est retrouvé et réacheminé sous 24h, au pire, il disparaitra pour toujours… Des valises connectées pourraient ainsi être une réponse à cette perte de temps et d’argent pour les aéroports qui défraient souvent l’égarement involontaire de bagage. Ainsi, chaque valise serait capable de dialoguer avec des antennes dispersées sur le territoire type « check point » et indiquer la dernière position relevée avant la perte de sa trace.

Les services généraux des entreprises ont aussi leur épingle du jeu à tirer : niveau d’encre des imprimantes, maintenance des machines à café, ampoules cassées sur un grand site… autant de tâches quotidiennes fastidieuses qui pourraient être allégées voire supprimées.

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Une mise en oeuvre globale et accessible

Pour permettre le développement des objets connectés à grande échelle, les solutions existent également : les réseau de l’IoT devra se faire de manière globale à travers le maillage déjà existant. Les opérateurs de téléphonie nationaux ont le savoir-faire pour déployer une telle couverture ! La maîtrise de SIGFOX en termes de réseau bas débit peut également en être la clé à travers des partenariats noués avec les opérateurs historiques…

Le vecteur de communication pour les objets est maintenant établi. La techno est émergente et sera sans aucun doute d’ici peu standardisée, normalisée et accessible à tous. Rapidement l’infrastructure sera là également.

Ce faisant la ‘numérisation’ globale résultante va engendrer des quantités faramineuses de données brutes. Données qu’il va falloir stocker, analyser et exploiter de manière à extraire leur pertinence face aux problèmes de la collectivité (et non pas seulement de l’individu). Et cela passera par l’étude des imbrications des différentes informations collectées les unes par rapport aux autres de manière à être capable à un moment d’établir des modèles comportementaux. Par exemple au niveau d’une ville, mettre en phase les flux de voitures, les flux de piétons, les places de parking disponibles, les évènements éventuels (culturels, sportifs, etc.) doit pouvoir améliorer la capacité de gestion et de réactions face à la diversité des situations.

En réalité le véritable enjeu de la contribution des objets connectés à la vie de tous les jours va reposer sur notre capacité à exploiter l’ensemble les données collectées de manière pertinente et respectueuse des intérêts de tous.

source / Avec la participation de Laurent Chenu, Gwendoline Legrand

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